Tomas Koblizek (Department of Analytic Philosophy, Institute of Philosophy, CAS, Prague) on “La pénétration affective : Un facteur clé dans les attitudes de rejet à l’égard de l’art contemporain”

October 2022, Monday 17th, 3:00pm to 5:00pm

Venue: Institut Jean Nicod, Salle de réunion, 29 rue d’Ulm, 75005 Paris (you can enter also from 24 rue Lhomond)

Abstract: En septembre 2017, une manifestation a eu lieu à New York contre l’œuvre des artistes chinois Sun Yuan and Peng Yu Dogs That Cannot Touch Each Other (2003) qui devait être exposée peu de temps après au Musée Solomon R. Guggenheim. Cette œuvre qui cherche à critiquer les systèmes de contrôle consiste dans une performance au cours de laquelle des chiens sont placés sur des tapis roulants de manière à ne pouvoir entrer en contact. Les critiques qui se sont fait entendre argumentaient que « ces animaux sont des êtres vivants émotionnellement complexes et hautement intelligents, pas des accessoires » et que « personne ne devrait forcer des êtres sensibles à se mettre dans des situations stressantes pour l’art ou le sport. »
Ce type d’affaires a récemment été discuté dans le cadre du « production-oriented criticism », une nouvelle approche dans la critique éthique de l’art, introduite par Ted Nannicelli. Cette approche se focalise sur la question de savoir à quelles conditions une évaluation éthique de la production de l’œuvre (ici l’utilisation des animaux) peut légitimement conditionner son évaluation artistique (les manifestants s’opposent à l’œuvre tout court). Un type de critique similaire s’applique aux œuvres d’art qui transforment insensiblement le paysage ou qui s’approprient les créations culturelles des minorités.
Dans mon exposé, je proposerai de modifier l’un des principes du « production-oriented criticism ». Actuellement, en effet, toutes les affaires de ce genre sont perçues comme des « affaires cognitives » : les contestations sont considérées comme découlant de la connaissance du contexte de production. Je soutiendrai que cette approche laisse de côté le rôle de la perception et des affects dans ces protestations et réduit ainsi leur complexité. Je défendrai plus exactement l’idée selon laquelle ces protestations ne découlent pas seulement de la connaissance du contexte de production des œuvres, mais aussi de la perception façonnée par l’affect qu’inspire cette connaissance et qui s’étend aux actes perceptifs. Je parlerai donc de la « pénétration affective » de la perception et j’en expliquerai les principales modalités.

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